Décès Monique Picon-Pryor 10 septembre 2017

MONIQUE PICON-PRYOR

1931 – 2017

Monique Picon-Pryor est décédée le 10 septembre. Lors de ses obsèques le 14 septembre en la chapelle Sainte-Thérése de l’Enfant-Jésus à Six-Fours le Président de France-Grande-Bretagne Toulon Var, M. Bernard Sasso, a rendu hommage à celle qui fut pendant un quart de siècle vice-présidente de l’Association.

« Voilà plus de vingt ans, à mon retour de Grande-Bretagne, je me mis à la recherche d’une association d’amitié franco-britannique dans l’arrondissement toulonnais. Par chance, il en existait une : c’était France-Grande-Bretagne Toulon. Ma première rencontre avec ses membres eut lieu lors d’un apéritif offert, dans l’un des restaurants des plages du Mourillon, à des officiers et marins de la Royal Navy en escale à Toulon. La première personne qui se présenta à moi fut Monique Picon-Pryor, vice-présidente de l’association et cheville ouvrière de cette dernière. De cette première rencontre allait naître une amitié que le temps n’a jamais démentie. Bien au contraire… Plus tard j’allais rejoindre, ce qui sous l’ancienne présidence, s’appelait le Comité. Là, je pris pleinement conscience du rôle joué par Monique. Sur la grande table d’une salle en sous-sol du Cercle Naval de la rue Mirabeau, assise toujours à a la droite de l’ancien président, le Capitaine de Vaisseau Robert Eliès, elle remplissait son cahier de notes sur les activités à programmer pour le mois suivant ou celles qui demandaient à être élaborées pour les mois à venir comme le repas de Noël ou le repas au Château des Chaberts. Avec son époux Teddy, elle avait été l’initiatrice d’activités importantes de notre association : British Club, Book Club où le couple recevait le soutien de Jean et Eddie Long. Elle était particulièrement épaulée dans ses tâches par un groupe formidable de femmes et d’hommes : Monique Faouen, Lucienne Lichtlé, Yvette Montbertrand, Monique Pierlovisi, Stéphane Chatagnon, Gérard Garcia pour n’en citer que quelqu’uns.

Monique était née en Alsace en 1931. C’est une province chère à toutes les âmes françaises, liée qu’elle fut aux heures les plus tragiques et glorieuses de l’histoire française. De nos provinces de l’Est, elle en avait gardé la rigueur, le sens du devoir, la rectitude morale. Son parcours personnel l’avait amenée, dans l’après guerre, en Grande-Bretagne où elle épousa Teddy Picon-Pryor dont beaucoup d’entre nous gardent le souvenir. Elle en fit sa seconde patrie, résidant dans le Cheshire et y élevant Mathieu et Françoise. De cette seconde patrie, elle avait acquis ce bon sens, ce sens pratique que les Britanniques qualifient de « businesslike ». Ce qui devait être fait, devait être fait. Point d’apitoiement, ni d’inutiles jérémiades sur ce qu’exigeait le service des autres.

A son retour en France, à la fin des années 70, elle et Teddy (qui allait décéder en 1996, le même jour que Monique nous a quittés vingt et un ans plus tard), elle allait s’impliquer, avec cette détermination qui la caractérisait dans France-Grande-Bretagne Toulon comme je viens de le dire plus haut. Elle le fit avec conviction et désintéressement. Et cela sans revendiquer ni chercher à obtenir place, honneur, distinction. Seuls comptait pour elle les intérêts supérieurs de notre vénérable association. Quand le moment fut venu, en 2008, de choisir un nouveau Président, j’allais la trouver pour lui dire que bien entendu, la Présidence lui revenait de droit par les éminents services qu’elle avait rendus à l’association. Elle se refusa à une telle prééminence. Et depuis bientôt 9 ans elle m’apporta un soutien sans faille et déterminé. Sa plus grande joie étant de voir un nouveau visage au sein de notre association qu’elle accueillait avec toujours la même grâce. Quel encouragement elle aura été pour moi ! Quel appui constant n’ai-je pas trouvé auprès d’elle quand une difficulté a surgi !

Son souci des autres ne la portait pas exclusivement vers notre association. Pendant de nombreuses années, elle visita dans les hôpitaux des malades en fin de vie à qui elle apportait, j’en suis sûr, beaucoup, de réconfort. Elle était aussi attachée à la paroisse de Six-Fours et plus particulièrement à cette paroisse d’où lui disons aujourd’hui au revoir. Voilà longtemps elle m’avait averti de ne pas lui téléphoner entre telle heure et telle heure car elle était à la paroisse. Elle n’aurait failli là aussi à ce devoir de présence car la Foi aura été un point cardinal de sa vie.

Apprenant son décès, l’une des membres récents de l’association nous a écrit ceci : « Elle fut une des premières à m’accueillir gentiment à son thé britannique. Elle était l’élégance, la politesse, le dynamisme et la gaieté incarnés ». A ces qualités, elle ajoutait le regard bienveillant, attentif et tolérant qu’elle avait sur les gens. Mais, en même temps, elle pouvait quand elle était impatientée par quelque chose ou quelqu’un, faire comprendre, par un subtil understatement ou un ton de voix que ses familiers connaissaient, son déplaisir ou son irritation. Monique ce n’était ni de la marshmallow ni de la guimauve !

Plusieurs membres m’ont fait remarquer, que cherchant sur Google Maps la chapelle, ils y avaient vu la photo de Monique devant ce lieu de culte, toute souriante comme si déjà elle voulait nous y accueillir, nous voir réunis autour d’elle pour une célébration de sa vie au service de la communauté.

Merci Monique et au revoir. »